Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 16:09

Donc ce matin j'avais rendez-vous chez l'assistante sociale de ...(je ne sais même pas quoi, le Ministère de l'Agriculture?). Vous avez tous suivi?

Elle est censée m'aider dans ma reconversion professionnelle (mais elle y comprend pas grand chose de plus que moi). Je me méfie de ce que je dis ici maintenant.

Et voici qu'elle me sort des photos de ce blog!!!!

Une où je me suis lacéré les poignets.

Et une où je pose avec un pistolet sur la tempe (un de ma collection d'époque napoléonienne).

Pour la première, y'a pas à tortiller. Cela montre que je "n'usurpe pas" mon congé de longue durée. J'avais un problème. Cela fait deux ans et demi que je passe à le résoudre (je pense être proche du but).

Mais la deuxième est totalement sortie de son contexte!!!

C'est une où j'évoque le danger des ISRS (suicides et tueries collectives). Elle est humoristique!!!

J'en déduis qu'une de mes anciennes collègues est allée (par l'intermédiaire du proviseur où d'une de mes dernières interlocutrices, celle que l'assistante appelle la DRH) lui fournir de telles photos.

A noter qu'elle est n'est pas plus DRH que moi, présidente de la république!

Mais quel est l'intérêt????

Me nuire? M'empêcher de retravailler dans ce Lycée. Mais plutôt crever que d'y retourner.

Cela n'a aucun intérêt.

Ce blog pourrait-être une fiction. Ces photos n'ont aucune valeur.

Comme quoi, il y en a qui ont définitivement du mal à me lâcher la grappe!!!

Cela m'a encore mise en pêtard.

Mais bon, maintenant je relativise.

Voici l'article dont la photo a été tirée:

(il faut avoir l'esprit mal tourné pour aller la remettre à mes "ex-supérieurs" pour qu'elle arrive sur le bureau d'une assistante sociale)

 

    (je rame pour le lien)

 

 

 LEXOVILLE

 

    Plusieurs fois, on m'a posé la question:

"Quelle a été "l'élément déclencheur", pourquoi vous a-t-on  prescrit du Lexomil? "

J'ai souvent réfléchi à cette question.

C'est vrai que je suis d'une nature anxieuse (mais bon je suis comme ça depuis que je suis née alors je suis plutôt habituée)

Je n'ai jamais eu d'insomnies, jamais de peine de coeur (je suis avec le même homme depuis 23 ans), jamais de chômage, aucun problème d'argent, mes enfants se portent à merveille.

Après la fin de mes études à Nancy, à 23 ans, je me suis installée avec mon mari dans des petits Villages au Sud de Nancy. D'abord en location. Je n'étais jamais malade et je n'allais jamais chez le médecin.

Un jour, nous avons décidé d'acheter une maison. C'était super. A mi-chemin entre mon lieu de travail et Nancy.

Seulement voilà:

Cette maison était à Lexoville!!!!!

Il y avait deux médecins: j'ai choisi, le plus proche (à côté de chez moi).

6 mois après avoir accouché de mon deuxième enfant, je suis allée en consultation.

Je me suis pris d'emblée 6 mois de Prozac et de Lexo.

Voilà le déclencheur.

J'ai quitté Lexoville depuis 5 ans mais j'ai malgré tout gardé ce médecin (avant qu'il ne me vire l'année dernière). J'avais conscience qu'aucun autre médecin ne continuerait à "me fournir" aussi facilement.

Il y a quelques temps j'ai accueilli mes anciens voisins de Lexoville (Gad et Marie) avec lesquelles j'ai gardé des liens. Je ne leur ai rien caché de mes problèmes. Ils ont l'air de comprendre. Ils n'ont jamais pris d'anxiolytiques et ils n'y connaissent rien. Mais je leur ai un peu expliqué.

Ils ont réfléchi, et ils m'ont fait remarquer qu'ils connaissaient beaucoup d'habitants de Lexoville qui prenaient des "trucs".

A commencer par la mère de Gad. Depuis que son mari est mort (il y a 10 ans) elle prend "des cachets qu'elle coupe, ça doit pas être fort" (je le cite)

Et leur voisin: boulanger en retraite depuis dix ans. Il aide souvent Gad qui est agriculteur. Il a eu des problème de sommeil depuis que son rythme a changé. Et devinez quoi, il prend des petits bouts de cachets même quand il conduit le tracteur! 

Je connais ces personnes,  mes anciens voisins et on s'entendait tous bien.

Je commence à me dire que la plupart des habitants de ce village prennent du Lexomil. Et pas une autre benzo, non du Lexomil (ou du bromazépam, évidemment)!!

Ce médecin a mis la moitié du village sous Lexomil.

 C'est son produit de prédilection.

Alors ces deux personnes  (la mère de Gad et le boulanger) qui ont maintenant plus de 65 ans prendront probablement du Lexo jusqu'à leur mort et ils n'auront pas de problèmes particuliers. Peut-être qu'un des deux commencera à avoir des signes de démence à 80 ans. On ne saura jamais si le Lexo y est pour quelquechose....

Je suis toujours dans cette phase de colère.

Heureusement que je n'ai pas d'arme chez moi car comme l'indique l'A-A-V-A-M les anxiolytiques et les antidépresseurs favoriseraint les passages à l'acte, dans les actes de violence (suicide, tueries collectives...). Je l'aurais déjà dézingué (et moi avec, tant que j'y suis)

Non pas d'inquiétude, je déconne, je n'ai remarqué aucun effet de la sorte chez moi.

Une petite insulte me défoulerait peut-être, au pire une petite rayure sur son 4*4.....

 

PS: Tout bien réfléchi, j'ai des armes. Mais elles n'ont pas servi depuis 200 ans. Pour la tuerie collective, ça risque d'être difficile! 

 IMG 0007

Par Aurèle
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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 11:15

Commençons par cette fameuse boucle:

Ce blog relate:

-  mon énorme addiction au Lexomil et mon sevrage.

- ma "plongée" dans l'alcoolisme qui commence à devenir problèmatique il y a un an et demi.

J'ai fait quelque "flash-back" sur mon passé de boulimique vomisseuse et sur mon enfance. Globalement je ne me suis jamais sentie "comme tout le monde".

- grâce à mon fils (qui lui a compris bien avant moi) j'ai compris que j'étais autiste. "De haut niveau" mais autiste tout de même.

Et ça, aucun des dizaines de psychiatres ne l'avaient compris car le syndrome d'Asperger est peu connu en France. La psychiatrie française est une des seules qui subit encore l'influence de la psychanalyse de Freud, complètement "has been".

Je n'ai jamais flanché, j'ai toujours lutté.

En trois ans j'ai réussi à me retrouver chez un des 5 plus grands spécialistes de baclofène en France (le professeur Bernard Granger), on peut même dire chez un des plus grands psychiatres, et chez un des plus grand spécialistes du Syndrome d'Asperger (mon Asperpsy) qui a fait son diagnostic au bout d'une séance!.

Grâce au baclofène, je me suis sortie de toutes mes addictions (depuis Dimanche, impossible de boire une goutte d'alcool) et la vue du Lexomil ne me fait plus "baver". J'ai essayé d'en reprendre (ben oui) et ... rien! Je suis par ailleurs beucoup moins anxieuse.

J'ai quelques troubles de l'humeur (dus au baclofène)mais je fais confiance au Professeur Granger (qui en plus est un spécialiste des troubles de l'humeur).

Je vais continuer à monter puis je maintiendrai ce dosage pendant 6 mois (comme tout le monde).

Puis je diminuerai. Peut-être ferais-je partie des 10 à 20 % qui réussissent à ne plus prendre de baclofène sans replonger dans les addictions.

Par ailleurs:

Je n'ai aucune pathologie psychiatrique:

- je n'ai jamais été dépressive

- je n'ai pas de troubles bipolaires (je ne suis donc pas maniaco-dépressive)

- je n'ai aucune psychose ou névrose (schizophrénie...)

J'ai ....une différence. Je refuse d'appeler ça un handicap. Les 3/4 des grands musiciens (Mozart; Beethoven ..) et les 3/4 des grands scientifiques avaient ou ont le SA (Einstein;, Marie Curie, Bill Gates...) et on émet même des hypothèse sur Ford, Léonard de Vinci, etc.....

Parmi les plus grands génies au monde, actuels, plus de la moitié sont autistes.

Dit-on qu'ils sont handicapés? (attention certains Asperger ne sont pas des génies, au contraire)

Je suis une victime:

- victime de la psychiatrie française qui est d'une nullité déconcertante

- victime du système médical français qui m'a prescrit des anxiolytiques et des antidépresseurs à tire-larigot.

- j'ai failli être victime d'une espèce de lobby foireux qui fraîne la prescription de baclofène.

victime de beaucoup de chose.

Mais comme je suis à l'affut de tout ce qui se passe et grâce à mon ordi, j'ai contourné toutes ces lacunes (surtout pour le baclofène, sa "promotion" passe essentiellement par le Net)....

Et je suis tirée d'affaire.

Mon Asperpsy ne me fait aucune thérapie. J'ai bien compris que son seul objectif c'est de faire reconnaître cette singularité si étrange. Depuis 30 ans.

Presqu'en même temps que Lorna Wing, qui 40 ans après le premier diagnostic d'Hans Asperger (en 1945), a ressorti ça, alors que c'était tombé dans l'oubli.

Bref je crois que j'ai réussi.

Réussi à sauver ma peau.

Tout est décrit précisément dans ce blog.

Mais j'ai peur que ce blog finisse par se retourner contre moi....

-suite au prochain article...)

 

Par Aurèle
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Lundi 30 juin 2014 1 30 /06 /Juin /2014 19:24

Difficile de s'en rendre vraiment compte quand on est dedans.

Mais cela fait deux semaines que je pars en vrille.

Je l'avais déjà constaté, lorsque je me suis mise à jardiner non stop pendant 14 heures (avec tondeuse, débroussailleuse....)

Et j'ai oublié des symptômes:

- écriture intensive d'articles (il n'y a qu'à compter les articles que j'ai écrits les jours derniers). Heureusement je ne dis pas n'importe quoi (sauf quelques fautes). Sous benzo, il m'est déjà arrivée d'écrire n'importe quoi.

- agressivité et impulsivité.

Les gens qui m'énervent j'ai tendance à leur dire "casse-toi pauvre c.n!" (je me demande si Sarkozy ne souffre pas de troubles bipolaires!)

C'est pour cette raison que j'ai retiré le commentaire du mec qui me gonflait.

En plus je me mets à écrire des Mails (à mes ex-collègues) qui à mon avis n'en ont rien à secouer de mes histoires.

Dommage que je n'ai pas eu la présence d'esprit d'en parler à Bernard Granger. Il va falloir que j'en parle à mon baclodoc Jeudi. Et comme il n'est pas très réactif, il va envoyer un Mail à Bernard Granger, puis je m'en vais Vendredi.

Donc, je vais devoir rester trois semaines comme ça.

Tant pis. Je ferai du sport pour me calmer.

Et Hypomanie et Syndrome d'Asperger ne font pas bon ménage!

J'ai lu sur des Forum d'Asperger que certains ont été diagnostiqués à tort "bipolaires". Dommage que les psychiatres soient si nuls.

Déjà ils ne connaissent pas le syndrome d'Asperger mais ils bourrent les Aspies de régulateurs d'humeur.

En temps normal, j'ai déjà l'impression d'avoir le cerveau qui fonctionne à toute vitesse. Evec un problème de hiérarchisation des idées (comme dit mon Asperpsy). Toutes mes idées partent dans tous les sens, comme le Web.

Et pas de bol, l'hypomanie produit aussi cet effet là.

Et la contrepartie de cet effet si étrange, pour ceux qui ont suivi toutes mes péripéties, c'est.....

La dépression!

Avec un peu de chance je vais passer mes vacances au lit à ruminer!

En tout cas, hors de question de mettre un frein à mes montées de baclofène (de toute façon cela ne change rien).

Bernard Granger avait dit, 10 mg tous les trois jours (pour lui, il y a urgence à ne plus boire, on est d'accord). Je ferai peut-être des paliers de 5 jours mais pas plus.

J'en suis à 130 mg. J'ai fait quelques rechutes (Dimanche surtout). Mais les effets "magiques" commence à se faire sentir. 

S'il n'y avait pas ces troubles thymiques (ça fait savant hein?), ce serait vraiment le pied. Ce serait si facile de sortir d'une addiction. Et il paraît que ça marche aussi pour la boulimie. Incroyable.

Par Aurèle
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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 14:23

Aujourd'hui est un jour blog.

En effet j'ai décidé de relire (un peu).

C'est parfois difficile.

Je voudrais revenir sur cet épisode car il est cocace.

Au début de mon aventure Baclofène, je décrivais l'état dans lequel je me trouvais:

- je parlais à tout le monde

- je dormais trois heures par nuit sans ressentir la moindre fatigue

- je résinais mes meubles, redécorais ma maison, bref je devenais Valérie Damidot.

- je me suis mise à cuisiner (incroyable pur moi, cela ne m'est jamais arrivée). Un diner presque parfait!

- je passais mon temps sur le Forum baclofène et sur le blog.

 

Et Marion Gaud, de l'association AUBES m'a envoyé un petit message en m'expliquant que je faisais de l'hypomanie. Que c'était bien agréable mais qu'il fallait surveiller pour que cela ne prenne pas des proportions exagérées.

Et lorsque je suis allée chez Vince, je lui ai dit. Voilà Docteur: je fais de l'hypomanie.

Et avec son air de faux derch' il m'a dit "oh non madame, je vous assure l'hypomanie c'est pas ça!"

Ben si c'est ça, gros c.n!!!!

Mais Marion Gaud n'est qu'une alcoolique et toi t'es un grand addicto!!! Trouduc.

Bref, j'ai raconté cette anecdote à Bernard Granger.

Et il m'a demandé, mais il est quoi cet homme?

Et bien il est psychiatre.

"Et bien il est nul" (bon il ne l'a pas dit comme ça mais sa moue voulait dire ça)

En plus l'hypomanie est un phénomène ultra fréquent. Moi qui ai lu tous les sujets du Forum baclo, j'ai bien remarqué que certains partent en vrille au début du traitement. Ils ne s'en rendent même pas compte!!!

Mais Vince, à quoi tu sers????

Je crois que je vais en faire un livre.

 

PS: Vince aura sa lettre aussi. Elle va être gratinée celle là. Je la publierai ici aussi.

Et j'en ferai une copie à Bernard Granger (soyons fou!!!)

Par Aurèle
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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 12:00

J'ai beaucoup réfléchi à cette dernière journée. Celle où j'ai décidé que c'était la dernière. C'était un mercredi après midi. Je lui avais déjà dit que je ne pourrais pas la reprendre une quatrième semaine, qu'il fallait qu'elle trouve une solution. J'étais très fatiguée et j'avais des problèmes avec mon fils.

Elle a voulu bien faire et a passé l'après midi à cuisiner avec ma fille. Elle a fait un repas digne d'un grand restaurant. Des saumons en papillottes, tous assaisonnés différemment.

Mais elle a épuisé tout notre stock d'épices.

Et elle lâchait tout. Elle a cassé une bouteille d'huile dans la cuisine (un sol en pierre).

J'ai compris par la suite. Ce n'était pas l'alcool (elle buvait peu).

C'était des ES du baclofène. Elle est montée beaucoup trop vite. Elle a dû faire une phase d'hypomanie, elle parlait beaucoup depuis quelques jours.

Et le fait de lâcher des objets est aussi un ES du baclo. C'est une sensation étrange, ce n'est pas de la faiblesse musculaire.

D'un seul coup sans prévenir, on lâche un objet sans trop comprendre pourquoi (j'ai jamais eu ça)

C'est comme la somnolence, ce n'est pas de la somnolence. On n'a pas sommeil et paf, on s'endort pendant quelques secondes.

Cela me l'a fait mais uniquement devant la télé. C'est sûr que si ça arrive en conduisant, ça peut être grave.

J'ai appelé le gars qui l'hébergeait et je lui ai demandé de venir la chercher.

Quand je l'ai dit à AC, elle m'a dit "tu ne m'as pas fait ça, elle s'est mise à pleurer" et elle est montée dans sa chambre où elle s'est descendue une bouteille de Martini.

Quand le type elle était dans une espèce de coma ( la première fois j'appelais les pompiers, mais par le suite je m'y suis habituée). J'ai mis toutes ses affaires dans ses sacs plastics. Et il a fallu la descendre. C'est mon mari qui s'y est collé. Elle était très lourde et c'était "un poids mort". Et je savais très bien que dans ses cas là, rien ne peut la réveiller.

On l'a mise dans la voiture. Je l'ai embrassée. Elle a anoné "j'veux pas retourner chez lui".

Et le soir, on a dégusté nos saumons en papillottes, en silence. (après avoir passé plusieurs heures à nettoyer la cuisine).

Le type lui a raconté des conneries sur moi. Que j'avais dit que je ne voulais plus la revoir, qu'elle s'était très mal comportée.

C'est archi-faux; Elle s'est comportée comme une alcoolique gravement atteinte. Puis comme une alcoolique qui faisait un sevrage (très impressionnant).

Puis comme une alcoolique qui avait beaucoup d'effets secondaires du baclofène.

En la prenant chez moi, je savais à quoi m'attendre. mais je ne suis pas hyper-forte tout de même.

A ce moment précis, je ne pouvais plus m'occuper d'elle.

Par Aurèle
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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 11:36

 AC allait mieux. Elle buvait moins. L'homme dont je viens de parler la restreignait en alcool. Elle prenait ses 9 baclos (une dose homéopatique). Puis elle est partie deux semaines, est revenue alcoolisée, ne prend plus de baclo.

Et comme chez lui elle ne doit pas boire, elle s'est barrée. J'ai essayé de lui expliquer qu'un alcoolique boit par définition. Sinon il crève. Mais il n'y a rien à faire. Il est buté, bête. (mais pour le reste, il a fait preuve d'un extrême dévouement). Mais il n'y a rien à faire, pour faire comprendre aux gens que l'alcoolisme est une maladie, y'a encore du boulot.

Du coup,  elle reste introuvable.

Donc, sa famille ne veut plus la voir.

Elle exige de voir sa mère qui est à l'agonie.

Parfois, son père vient la chercher (il est en haute Marne), il l'insulte pendant tout le trajet. Elle voit sa mère deux heures. Puis il la ramène, toujours en lui faisant comprendre qu'elle est une merde.

Un jour, je l'avais appelé, il y a deux ans. Il m'a raccroché au nez, en me disant "Anne Charlotte n'est plus ma fille".

Elle a un oncle qui l'a longtemps hébergée. Mais le prix à payer: elle doit coucher avec lui.

Elle a souhaité retourner chez lui, mais il l'a foutue à la porte. Je pense qu'elle est devenue trop maigre pour lui. J'ai rencontré ce type à l'HP.

Elle était enthousiaste à l'idée de me le présenter. Il m'a à peine parlé. Il avait jeté son dévolu sur une jeune femme boulimique (hyperphage) très sympa, 1 m 80, 150 kilos, 23 ans. Elle m'a dit "ce type est cinglé, il m'envoie 100 SMS par jour.

Bref, voilà le quotidien de cette jeune femme qui a tout fait pour s'en sortir depuis 4 ans.

Elle a le malheur d'avoir été suivie dans le service du Professeur Paille.

Un Mail menaçant lui a été adressé. Bernard Granger est au courant. Il y a des places qui l'attendent dans des grands hopitaux parisien. L'Association Baclofène est prête à payer les frais.

Et mon doc me dit qu'elle va mourir. Mais pourquoi ne l'a-t-il pas fait hospitaliser? Il est mou-mou....

Je vais écrire une lettre à son père et téléphoner à son oncle (mais je n'en attends rien). Et là j'aurai épuisé toutes les pistes. Il faudra attendre qu'elle se manifeste.

J'ai décidé de balancer. Pour elle, car elle est en danger de mort.


Cette photo a été prise il y a trois ans. On voit bien qu'elle a des TCA. J'ai vu d'autres photos (prises avant) où elle était très ronde.


Par Aurèle
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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 11:07

Je l'ai trouvée.

Ou plutôt je l'ai retrouvée.

C'est la jeune Lesbienne dont j'ai déjà parlé ici. J'ai dû allé la consulter deux fois!

J'ai parlé d'elle hier soir au téléphone avec un de ses patients.

J'essaye toujours de retrouver Anne Charlotte et j'ai retrouvé les coordonnées du dernier type chez qui elle logeait (grace à des amis d'amis d'amis FB).

C'est un brave type. Elle est restée des mois chez lui.

Mais il est très dépressif. Il prend 8 Valium 10 mg par jours et trois AD.

Il a fait de nombreuses TS et il continue à se mutiler les bras quasiment tous les jours.

Et il va chez la jeune psychiatre. Et il lui dit, je suis au plus mal je vais mourir. Elle sourit (elle sourit tout le temps) et elle lui répond "c'est à vous de décider de vous en sortir". Du coup elle le passe à 10 Valium. Elle ne dit rien, ne note rien. Elle est d'inspiration purement psychanalytique (ben, oui ça existe encore ces conneries).

Je lui ai ordonné de changer de psy en lui jurant qu'ils ne sont pas tous comme ça (il le pense).

Il s'en fout. Et il m'a dit: de toute façon je vais crever.

Tout le monde pourrait être une psy comme elle (avec un BEP cela devrait suffire!)!

Par Aurèle
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Vendredi 27 juin 2014 5 27 /06 /Juin /2014 17:19

    Mercredi dernier, donc. A midi.

En TGV, Nancy-Paris, c'est du rapide. Je m'étais dit que pour la première fois, je préférais que mon mari m'accompagne vu qu'il connaît Paris comme sa poche. Et si je devais y retourner, j'irais seule.

Sauf que je lui avais dit dix fois que c'était à l'Hôpital Tarnier (qui dépendait de Cochin) et non à Cochin.

Parce que "Cochin" c'est des dizaines d'Hopitaux qui s'étendent sur des km. Et évidemment on a un peu trimé quand même. Parce que Monsieur mon mari n'écoute pas ce que je lui dis. Toutes les histoires de baclofène, de benzo, etc, lui passent au dessus de la tête. Bon, remarquez, c'est peut-être pour cela que j'ai réussi à préserver mon couple. 

Bref, l'hôpital Tarnier, ça paye pas de mine. C'est plutôt vieillot.

Et Granger, au sous-sol!

C'est un secteur de psychiatrie ambulatoire. Et on voit dans la salle d'attente que la clientèle est assez "modeste". Bref, il est en contact permanent avec des gens pas forcément très favorisés. Son combat est vraiment très louable.  

Cela fait toujours bizarre de voir "en vrai" un type que j'ai regardé pendant des heures sur des Vidéos et que j'ai vu dans des émissions de télé.

Et il est très organisé. Il a imprimé le Mail que je lui avais envoyé et il l'a lu en me félicitant parce que c'était très clair.

Je lui ai rapidement fait un historique des mes addictions en commençant par la boulimie.

Et pour lui, aucunement question de volonté. Il est adepte de la TCC puisqu'il fait partie de l'AFTCC.

Quand je lui ai parlé de mon baclodoc et de sa passion pour la méditation, il m'a dit que dans son service, il y avait aussi des séances de méditation (pleine conscience donc, comme notre idole, Christophe André).

Et il a ajouté: "si la médiation guérissait les addictions, ça se saurait.

Il faut arrêter de boire donc prendre du baclofène"

Quant aux troubles thymiques (c'est le nom savant pour dire hypomanie/dépression), c'est fréquent et cela se traite facilement (ben oui, évidemment, je le savais) 

Et il accepte de me suivre. Mais vu la distance, il accepterait éventuellement que je vienne tous les deux mois. Pas de problème pour moi, s'il le faut.

Mais il y a quand même mon éventuel baclodoc, adepte de Christophe André, qui m'a laissé entendre que s'il avait l'aval de Granger, il me suivrait. Donc, dictaphone en main, il a dicté sa lettre pour le baclodoc.

Je suis donc sauvée. Je prendrai donc du baclofène, à très haute dose s'il le faut et je me guérirai donc de ma dernière addiction.

Et en sortant, voilà qu'il me parle d'Anne Charlotte (Esmeralda). Il est prêt à faire ce qu'il faut pour l'hospitaliser sur Paris.

C'est Sylvie Imbert qui lui en a parlé.

Mais cela fait plusieurs semaines que j'ai perdu sa trace. Elle ne répond plus au téléphone. Aucun de ses 300 amis FaceBook ne sait où elle se trouve.

Je suis plus qu'inquiète. Si je la retrouve, je sais que je pourrais la convaincre de se faire hospitaliser sur Paris. Les dernières nouvelles sont très mauvaises. En plus, elle serait squelettique et mon baclodoc (qui doit encore recevoir des résultats d'examens) m'a fait très peur.

Où es-tu Anne-Charlotte?

S'il t'arrive quelque chose je m'en voudrai toute ma vie.

J'ai une semaine pour la retrouver. S'il le faut j'irai au CHU (elle est souvent allé consulter une assistante sociale).

Après, vacances (mais je continuerai mon combat s'il le faut)

L'association Baclofène est prête à se mobiliser pour elle.

Mais là, je crains le pire.

Bref, merci Monsieur le Professeur Bernard Granger, pour votre combat exemplaire et complètement désintéressé. Merci de sauver des vies à la chaine...(ben oui, un peu bizarre comme expression mais je crois que c'est ce qu'il fait maintenant depuis quelques années) 

Je sais que je peux compter sur vous pour sauver ma peau.

Merci à l'association Baclofène qui sauve des vies aussi, des dizaines depuis des années, voire des centaines...

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Bernard Granger c'est entre autre ça (l'AFSSAPS c'est l'ANSM maintenant):

Lettre ouverte du Pr Bernard Granger à L’AFSSAPS

Cher Philippe Lechat, cher collègue,

J’ai bien reçu votre courrier du 23 mars, qui m’a profondément déçu. Je vous demande toujours d’organiser une réunion d’experts dépourvus de conflits d’intérêts pour actualiser votre communiqué de juin 2011 sur le baclofène.

Alors que je vous rappelais l’urgence de faciliter la prescription du baclofène à des malades atteints d’une maladie mortelle, vous me parlez encore d’études en double aveugle et de contrôles supplémentaires.

Vous connaissez sans doute la boutade « Les statistiques, c’est pour les losers », qui illustre chez les pharmacologues l’intérêt limité des études contrôlées pour les médicaments dont l’action est évidente.

Toutes les études disponibles convergent pour montrer un taux de succès du baclofène dans l’alcoolisme au moins deux fois supérieur à celui obtenu habituellement sous placebo. L’efficacité en ouvert est d’au moins 50%, probablement plus. Dans l’essai en double aveugle contre placebo du professeur Jaury, l’hypothèse est un taux de réponse de 50% des patients sous baclofène à doses croissantes jusqu’à 300 mg par jour. Je vous joins la dernière publication parue sur le baclofène.

Si vous deviez évaluer un traitement qui guérit 20% des cancers du pancréas, oseriez vous imposer des années d’attente aux malades pour réaliser des études contre placebo ou traitement (inactif) de référence ?

Il y a un moment où vos procédures doivent céder le pas à votre éthique de médecin. Des dizaines de malades meurent tous les mois parce que la prescription de baclofène est découragée par vos services. Vous n’ignorez pas non plus qu’il y a dans le code pénal un article qui concerne la non assistance à personne en danger (Article 223-6).

Cette inertie, cette lenteur coupable à acter l’évidence est liée, vous le savez comme moi, d’une part aux nombreux conflits d’intérêts (avec des molécules concurrentes) de certains des experts qui ont élaboré la recommandation très contestable que vous avez mise en avant, d’autre part au traumatisme subi par l’Afssaps lors de l’affaire du Médiator. Il y aura hélas demain une affaire baclofène et vous serez directement accusé ainsi que monsieur Maraninchi, directeur général de l’Afssaps, et monsieur Xavier Bertrand, ministre de la Santé, que j’ai alertés l’un et l’autre dès juin 2011. Retarder l’usage d’une molécule indispensable peut être aussi grave que de laisser commercialisée une molécule dangereuse. En nombre de morts, l’affaire baclofène risque d’être bien pire que le scandale du Médiator.

Vous ne devez pas sous-estimer la détermination des médecins et des patients qui voient chaque jour les succès du baclofène dans l’alcoolisme. Je ne lâcherai pas cette affaire et en l’absence de réaction très rapide de vos services, j’utiliserai tous les moyens disponibles pour mettre en évidence la faillite de l’Agence et du ministère de la Santé dans cette affaire.

Avec mes sentiments confraternels.

Professeur Bernard GRANGER

 

La réponse fut très virulente. C'est un combat qui se déroule depuis des années. Mais ces hommes ne lâcheront pas l'affaire. Et ils ont de l'influence!! 

 

 


 


Par Aurèle
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Mercredi 25 juin 2014 3 25 /06 /Juin /2014 18:14
Bilan très positif, je suis sauvée. Journée épuisante. Je ne pourrais jamais habiter à Paris! Je somnole dans le TGV ... Compte rendu demain!
Par Aurèle
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Mardi 24 juin 2014 2 24 /06 /Juin /2014 23:38

D'ailleurs il est truffé de fautes; Je les corrigerai quand j'aurai le temps!

Je viens d'aller à ma séance de "méditation pleine conscience" avec mon prescripteur de baclofène. Il a une petite "clochette" comme Christophe André.

Je ne sais pas si personnellement cela me fait du bien (j'en ai déjà fait beaucoup chez mon psy-psy qui pratiquait les TCC).

J'ai demandé à mon Asperpsy. Il m'a avoué qu'il n'y connaissait rien, ni au baclofène, ni en la méditation. Il s'occupe juste d'enfants et d'ados Asperger. C'est un pédopsychiatre. Le seul psychiatre qui me sert vraiment à quelquechose est un pédopsychiatre!

Mais ce n'est pas une thérapie. Il s'occupe plus de diagnostic et il me remplit mes papiers pour ma "reconversion" professionnelle.

Mais il me dit que cela est intéressant que j'essaye.

Mon problème est justement que je n'arrête pas de penser, c'est un peu difficile de me concentrer sur ma respiration et sur "l'Ici et Maintenant"

Une femme avait un téléphone qui faisait des bips car la batterie était faible. Et cela m'a fortement perturbée. Je me suis mise à compter les minutes qui séparaient les bips et impossible de me concentrer sur autre chose. En fait je me suis rendu compte que je compte tout le temps. C'est une espèce de TOC.

Après j'ai discuté avec ce médecin. Il propose à tous ses patients anxieux ou dépressifs de venir à ses séances (gratuites). Il n'y a quasiment personne.

Il a proposé aussi de faire des formations à ses confrères généralistes. Cela a été annulé pour cause de "manque de participants".

Voilà qui traduit bien le problème de la médecine française (ou belge, c'est pareil!)

Et j'adhère avec le commentaire d'Alexandra. J'y répondrai quand j'aurai le temps.

Je dois encore préparer un tableau sur mes prescriptions de baclofène ainsi que sur mes prescripteurs et mon humeur. Pour demain, pour le Prof Granger.

A +

 

 

 

Par Aurèle
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